Reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité à l’ONU : la France s’abstient.

À la suite de l’adoption, le 25 mars, par l’Assemblée générale de l’ONU, d’une résolution qualifiant la traite et l’esclavage colonial de crimes contre l’humanité, la Région Réunion dit regretter, via un communiqué, l’abstention de la France lors du vote.

Ce vote est intervenu à New York à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage. Le texte met en avant l’importance historique de la traite et de l’esclavage colonial, tout en soulignant les héritages toujours à l’œuvre et la nécessité d’une reconnaissance encore insuffisante dans plusieurs pays, ainsi que des actes concrets de réparation pour “les torts historiques subis par les Africains et les personnes d’ascendance africaine”.

Des “blessures” encore “profondes”

Adoptée par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions, dont les États membres de l’Union européenne et le Royaume-Uni, la résolution qualifie ces crimes comme “l’injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l’humanité”. Elle met en avant l’ampleur du phénomène, sa durée, sa brutalité, son caractère systémique et ses conséquences encore visibles aujourd’hui, notamment à travers les discriminations raciales et les héritages du colonialisme.

Portée notamment par le Ghana, cette résolution est considérée comme “historique” par le président ghanéen John Mahama, qui a déclaré à New York : “Aujourd’hui, nous sommes rassemblés solennellement et solidairement pour proclamer la vérité et poursuivre le chemin vers la guérison et la justice réparatrice”. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a lui aussi évoqué des “blessures” encore “profondes”, appelant à “travailler pour la vérité, la justice et la réparation”.

“Cette abstention interroge et inquiète”

Dans ce contexte, la Région Réunion “regrette profondément” que la France ait choisi de s’abstenir lors de ce vote. La collectivité rappelle que la France avait été le premier pays à reconnaître, avec la loi de 2001, que la traite et l’esclavage colonial constituent un crime contre l’humanité, une loi qui l’avait alors placée à l’avant-garde en matière de reconnaissance et de mémoire.

Pour la Région, “cette abstention interroge et inquiète” et “n’est pas à la hauteur de l’universalité du message” que la France entend porter au monde.

“Un drame universel”

La collectivité rappelle également que l’esclavage colonial “n’est pas seulement un épisode des siècles passés”, mais “un drame universel, un crime qui a structuré les inégalités, façonné les représentations raciales et marque durablement l’identité planétaire”.

À travers ce communiqué, la Région Réunion appelle ainsi la France à “renouer avec l’esprit de la loi de 2001” et à porter de nouveau “une position aussi ambitieuse sur la scène internationale” sur les questions de reconnaissance et de mémoire de l’esclavage colonial.

Article de ZINFOS974

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